Fertilisation avec des substrats réduits en tourbe

La transition vers des mélanges de substrats sans tourbe prend de l'ampleur. Bien que ce changement soit une étape cruciale vers une plus grande durabilité, il présente également de nouveaux défis pour les pépinières et les producteurs de plantes ornementales.

6 Mars 2026
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    Les stratégies de fertilisation doivent être soigneusement adaptées aux matières premières alternatives utilisées, en particulier lorsqu’il s’agit de maintenir des niveaux d’azote et de calcium suffisants. Lianne van Wijk, directrice technique internationale de l’ICL pour l’horticulture ornementale, partage des informations pratiques sur la manière de développer la bonne approche de fertilisation et met en évidence des solutions personnalisées conçues pour aider les producteurs tout au long de cette transition.

    Pendant de nombreuses années, la tourbe a été la matière première dominante dans les substrats pour les plantes en pot et les cultures de pépinière. Mais en raison de l’impact environnemental de l’extraction de la tourbe, son utilisation est soumise à une pression croissante.

    « Les producteurs en Europe, et bien au-delà, devront inévitablement réduire ou éliminer la tourbe de leurs supports de culture » dit Lianne. « Et nombre d’entre eux ont déjà réalisé des progrès substantiels dans cette direction. La fibre de bois et la fibre de coco sont actuellement les alternatives les plus utilisées. »

    La culture sans tourbe nécessite de la précision

    Lianne reconnaît que travailler avec des substrats contenant peu ou pas de tourbe est un sujet complexe. « La tourbe possède des propriétés très spécifiques. Il offre une excellente capacité tampon, retenant à la fois l’humidité et les nutriments. De plus, la chaux mélangée à de la tourbe lors de la production du terreau aide à maintenir un pH stable. »

    De nombreux matériaux alternatifs n’offrent pas la même capacité tampon pour l’eau, les nutriments ou le pH. Cela signifie que les stratégies de fertilisation doivent être ajustées en conséquence. « La bonne approche dépend entièrement des matériaux alternatifs spécifiques avec lesquels vous travaillez. Il n’existe pas de solution universelle. C’est vraiment un travail de précision, et c’est ce qui le rend si complexe. »

    Lianne van Wijk, directrice technique internationale de l’ICL pour l’horticulture ornementale

    L’azote nécessite une attention particulière

    Lianne partage quelques points clés à retenir. La gestion de l’azote, par exemple, est cruciale lors de l’utilisation de substrats à faible teneur en tourbe ou sans tourbe. « De nombreuses alternatives, comme la fibre de bois, ont tendance à retenir l’azote au cours de leur processus de décomposition » elle explique. « Par conséquent, vous devez redoubler de vigilance pour vous assurer que les niveaux d’azote restent suffisants. De plus, des alternatives comme la fibre de bois et l’écorce retiennent moins d’eau, ce qui signifie que les nutriments sont éliminés plus rapidement. Il est donc essentiel d’arroser et de fertiliser plus fréquemment. En règle générale, nous recommandons d’augmenter la dose d’Osmocote d’environ 20 %. »

    Engrais alternatifs en cours de développement

    ICL Growing Solutions soutient les producteurs de multiples manières tout au long de cette transition. L’une des solutions consiste à obtenir des conseils d’experts sur l’ajustement de la fertilisation et à tester différentes stratégies de fertilisation. Une autre consiste à investir dans le développement de nouveaux produits de fertilisation.

    « Par exemple, nous proposons désormais un fertilisant azoté à libération contrôlée qui fournit de l’azote sur une période de cinq à six mois » Lianne dit. « Avec les matériaux alternatifs, il devient de plus en plus important de fournir de l’azote supplémentaire tout au long de la saison de croissance en raison du risque accru de lessivage des nutriments. »

    L’une des innovations à venir du CRF est un produit azoté avec un enrobage biodégradable. « C’est en prévision de la législation de 2028 qui exige que tous les engrais enrobés se dégradent complètement dans les quatre ans suivant leur période de commercialisation. »

    Parallèlement, ICL Growing Solutions développe de nouvelles solutions à base de calcium. « Les mélanges à base de tourbe sont généralement mélangés à de la chaux pour augmenter le pH, mais ce n’est pas le cas avec de nombreuses alternatives. C’est pourquoi un apport supplémentaire en calcium est souvent nécessaire. »

    Un plan nutritionnel complet

    Bien que l’azote et le calcium soient des points clés, Van Wijk souligne l’importance de prendre en compte le tableau nutritionnel complet. « Tout doit être en équilibre. Vous devez également surveiller les niveaux de potassium et de phosphate et ne pas sous-estimer le rôle des micronutriments. Il s’agit d’une fertilisation avancée : comprendre les niveaux de micronutriments nécessite une connaissance détaillée de la composition exacte de votre substrat. »

    L’échantillonnage du substrat est essentiel

    Son conseil aux cultivateurs qui expérimentent avec des substrats (partiellement) exempts de tourbe : prélevez régulièrement des échantillons de substrat.

    « Commencez par un échantillon de référence au début du cycle de croissance. Cela vous donne un point de référence. Poursuivez l’échantillonnage pendant le cycle de culture afin de pouvoir suivre l’évolution des niveaux de nutriments et les ajuster en conséquence. N’oubliez pas de prélever également un échantillon de votre eau d’irrigation et d’aligner votre stratégie de fertilisation sur les résultats. Parce qu’en fin de compte, mesurer c’est savoir. »

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