Nécrose apicale de la tomate
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La nécrose apicale de la tomate, plus connue sous le nom de « cul noir », est l’une des physiopathies les plus fréquentes rencontrées en culture de tomate, aussi bien sous abri qu’en plein champ. Elle se traduit par une lésion brune à noire, sèche et déprimée, à l’extrémité du fruit opposée au pédoncule.
Il ne s’agit pas d’une maladie d’origine fongique ou bactérienne, mais d’un trouble physiologique lié à une carence localisée en calcium au niveau du fruit, souvent aggravée par des conditions d’irrigation ou de climat défavorables. Le calcium étant l’un des éléments les moins mobiles dans la plante, tout ralentissement de son transport vers l’extrémité du fruit — en pleine phase de grossissement — peut suffire à déclencher les symptômes.
L’impact sur la production est loin d’être anecdotique : les fruits touchés sont invendables en frais, la perte de rendement commercialisable peut atteindre plusieurs dizaines de pourcents lors des épisodes les plus sévères, et les variétés à gros fruits (cœur de bœuf, tomates allongées) y sont particulièrement exposées. Comprendre les causes de la nécrose apicale permet de mettre en place les bonnes pratiques préventives et d’intervenir efficacement dès les premiers signes.

Les causes de la nécrose apicale
La nécrose apicale résulte rarement d’un facteur isolé. Elle est généralement la conséquence d’une combinaison de plusieurs stress qui perturbent l’absorption ou la migration du calcium jusqu’au fruit.
La carence en calcium est le facteur central. Un fruit sain contient généralement entre 0,12 et 0,25 % de calcium dans sa matière sèche ; en dessous de 0,08 %, le risque de nécrose apicale augmente fortement. Cette carence peut être réelle (sol pauvre en calcium disponible, pH acide) ou fonctionnelle : le sol dispose de réserves suffisantes, mais la plante ne parvient pas à les mobiliser efficacement vers les fruits.
L’irrigation joue un rôle déterminant, car le calcium circule dans la plante par la voie de l’eau (flux xylémien). Une irrigation irrégulière, des alternances de stress hydrique et d’excès d’eau, ou un système racinaire limité par une asphyxie ou un sol mal préparé perturbent ce transport et privilégient les organes transpirants (feuilles) au détriment des fruits.
Le climat aggrave le phénomène lors des épisodes chauds et secs, en particulier après une période plus fraîche et nuageuse qui a favorisé une croissance rapide du fruit. Une forte transpiration foliaire détourne le calcium disponible vers les feuilles plutôt que vers les fruits.
Le sol intervient à plusieurs niveaux : un pH inférieur à 5,5 favorise les carences en calcium, en phosphore et en molybdène, tandis qu’un excès d’azote ammoniacal entre en compétition avec l’absorption du calcium par les racines. Une salinité élevée du sol ou de l’eau d’irrigation limite également la disponibilité du calcium.
Identifier la nécrose apicale de la tomate, ou la maladie du « cul noir » de la tomate
Le symptôme caractéristique apparaît sur des fruits encore verts ou en cours de maturation, à l’opposé du pédoncule : une tache d’abord humide et translucide, qui évolue rapidement vers une lésion sèche, brune à noire, nettement délimitée et enfoncée par rapport au reste du fruit. Elle peut occuper une petite surface ou s’étendre à une grande partie de l’extrémité du fruit dans les cas sévères.
Il existe également une forme de nécrose apicale interne, plus difficile à détecter puisque la surface du fruit reste intacte : seuls la chair et les pépins internes grisonnent ou noircissent. Cette forme est due à une carence passagère en calcium et n’est souvent identifiée qu’à la coupe.
Il convient de distinguer la nécrose apicale d’autres désordres qui peuvent lui être confondus :
- Les attaques fongiques (anthracnose, botrytis) présentent généralement un développement de mycélium ou de spores en surface, une texture molle et évolutive, absents dans la nécrose apicale.
- Les coups de soleil (scald) touchent la face exposée au soleil, pas nécessairement l’extrémité apicale, et se manifestent par une décoloration plus claire, jaunâtre à blanchâtre.
- L’éclatement des fruits est un phénomène mécanique lié à des variations brutales d’humidité, sans lien direct avec une carence nutritionnelle.
L’absence de mycélium, la localisation systématique à l’apex du fruit et l’aspect sec et coriace de la lésion sont les critères qui permettent de confirmer une nécrose apicale.
Prévenir la nécrose apicale
La prévention repose avant tout sur la régularité : régularité de l’irrigation, régularité des apports en calcium, et anticipation des périodes à risque (stades de grossissement des fruits, épisodes climatiques chauds et secs).
Quelques bonnes pratiques permettent de réduire significativement l’incidence de la nécrose apicale :
- Stabiliser l’irrigation : éviter les alternances de sécheresse et d’excès d’eau, en particulier pendant la phase de développement maximal du fruit qui suit la nouaison. Un pilotage précis de la fertirrigation, avec des apports fractionnés, limite les à-coups.
- Corriger le pH du sol avant plantation pour maintenir une disponibilité optimale du calcium (idéalement entre 5,5 et 6,5 pour la tomate).
- Raisonner la fertilisation azotée en limitant les apports sous forme ammoniacale, qui entrent en compétition avec l’absorption du calcium par les racines.
- Assurer un apport calcique continu tout au long du cycle, dès la plantation et jusqu’à la fin du grossissement des fruits, car le calcium ne se redistribue pas dans la plante une fois fixé.
- Limiter le stress des plantes en période chaude : aération des abris, ombrage si nécessaire, pour réduire la transpiration excessive qui détourne le calcium vers les feuilles.
Pour sécuriser ces apports en fertirrigation, des solutions comme Nova Plus Calcium + OE apportent un calcium hydrosoluble associé à un complexe d’oligo-éléments, facilement intégrable dans un programme de fertirrigation classique tout au long du cycle de la tomate. La gamme Agrolution® Spécial est également conçue pour prévenir les carences en calcium et en magnésium sur les cultures sensibles.
Traiter la nécrose apicale de la tomate
Une fois la lésion apparue sur un fruit, elle ne peut malheureusement pas être corrigée : le tissu nécrosé est définitivement endommagé. L’objectif du traitement est donc d’agir vite pour protéger les fruits en formation et enrayer la progression du phénomène sur la suite de la récolte.
L’application foliaire de calcium est la solution curative de référence, car elle permet un apport rapide et direct, sans dépendre du transport racinaire parfois défaillant en période de stress. Agroleaf Power Calcium apporte un calcium hautement assimilable par voie foliaire, utile en curatif dès les premiers symptômes pour limiter l’extension du phénomène sur les fruits en développement, ainsi qu’en prévention sur les cultures identifiées comme sensibles.
En parallèle, il est recommandé de :
- Corriger l’irrigation immédiatement, en rétablissant un régime hydrique stable et en évitant tout nouvel épisode de stress.
- Renforcer les apports en fertirrigation avec un produit calcique comme Nova Plus Calcium + OE, pour sécuriser la nutrition calcique des fruits en cours de grossissement.
- Retirer les fruits atteints afin de concentrer les ressources de la plante sur les fruits sains et de limiter les risques de pourriture secondaire liée à des champignons opportunistes qui peuvent coloniser la lésion.
- Poursuivre la surveillance sur plusieurs semaines, la nécrose apicale évoluant souvent par vagues successives liées aux conditions climatiques.
Pour construire un programme de fertilisation calcique adapté à votre type de culture (plein champ ou sous abri) et à votre système d’irrigation, n’hésitez pas à consulter notre guide complet de la culture de la tomate ou à contacter les experts conseil ICL.





